Lundi 26 mai 2008
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Une des matières les plus caractéristiques du gavage stérile et en grande partie "numérisé" que pratiquent les systèmes scolaires des pays dont l'ambition est d'être "en tête des
nations pour le domaine des technologies de l'intelligence", est cette matière qui a subi les plus profondes et radicales modifications ces 20 dernières années, à savoir la
technologie.
Bien évidemment, un parent qui lira les objectifs décrit dans les programmes, se sentira plein d'orgueil et
pleinement rassuré.
Son enfant deviendra dès le collège, un
"concepteur", puisque dès la cinquième :
"il va acquérir, selon une démarche d’investigation (nous ne sommes pas loin de la "méthode
expérimentale des savants" ) ou de résolution de problèmes techniques, des compétences lui permettant de passer progressivement de l’analyse à la
conception".
Il faut lire ces programmes et contenus avec un peu de recul pour
s'apercevoir à quel point ces objectifs sont à la fois médiocres (ils ne visent en fait qu'à produire des utilisateurs admiratifs et conquis par avance à toute innovation
technologique)
et bien trop ambitieux (les démarches et outils
méthodologiques proposés sont ceux de l'ingénieur, du spécialiste en analyse de la valeur, du responsable markéting, ...)

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On chercherait en vain, dans un programme de cinquième censé traîter de
l'habitat, ce qui existait avant le 20ème siècle.
Seul l'homme moderne aurait produit des techniques et des matériaux de construction dignes d'être étudiés par des
élèves de 11 à 15 ans ?
(Les projets de programme sont consultables ici.)
Avant de les lire, rappelez vous qu'ils s'adressent à des adolescents qui n'ont aucune habileté manuelle relativement
à des outils simples et compréhensibles en "lecture directe" (c'est à dire sans partie dissimulée sous un carénage opaque empêchant toute lisibilité du fonctionnement, comme
l'est une machine à commande numérique ou un ordinateur*)
Ne pourrait-on commencer par éduquer un peu la main, avant d'aborder les subtilités des "fonctions de service"
et "fonctions de contraintes" ?
Ce que le colonisateur a fait avec les pays en voie de développement, à savoir tenter d'accélérer celui-ci en
court-circuitant les étapes d'une évolution sans rupture (en compréhension) cela, les mêmes pays le pratiquent avec leur propre jeunesse.
On connaît les résultats obtenus dans le premier cas. Les effets de la seconde démarche se font sentir peu à
peu.
Mais, refusant de voir l'origine des difficultés d'apprentissage d'enfants
gavés et forcés bien avant l'âge, la plupart des experts convoqués rendent responsables une supposée inertie du système qui n'appliquerait pas suffisamment rapidement et profondément les
nouvelles méthodes de production d'adultes compétents.
Peut-on apprendre à concevoir une trottinette motorisée, un buzzer ou le gravage à la machine à commande numérique d'une plaquette à ses initiales, avant d'avoir planté un clou.
De nombreux parents, les yeux éblouis par les promesses des belles phrases de ces programmes, le pensent et même, souhaitent ardemment éviter à leur enfant ces étapes dévalorisantes de contact
avec la "sale réalité", sa poussière et ses frottements.
Qu'ils se réveillent, l'homme n'est pas (encore) un ange, et le monde réel (celui des problèmes fins et complexes) n'est pas celui des nouvelles technologies, fussent-elles de
l'information et de la communication (?), c'est précisément ce que la machine ne sait pas faire, ce sont les lieux où sa brutalité (force et calcul) ne parvient pas à triompher, que l'on
doit faire toucher du doigt à l'enfant, à l'adolescent, à l'homme
...
si toute fois le but est réellement de l'élever et non simplement de l'émerveiller et de le rendre propre à consommer.
* Dans les salles de technologies des collèges, la totalité des outils à main a disparu. (notamment sous des prétextes de normes de sécurité. C'est sous ce même prétexte qu'un grand nombre de
"cuisines" ont également été supprimées. L'enseignement lui même s'étant totalement éteint depuis des décennies.
Tout à fait inutile, lorsqu'on désire condamner une population à consommer du plat préparé (générateur de PIB alors que la cuisine familiale produit une valeur détaxée, consommée sur place, c'est à
dire sans valeur ajoutée commercialement profitable pour tous les intermédiaires et pour l'Etat.
Sur un site de vente de matériel de technolgies (principalement des machines à commande numérique, des ordinateurs ...) on peut voir ce sondage qui restreint les choix au point qu'il serait tout à
fait impossible à quelqu'un qui souhaiterait autrechose que le tout numérique, de voter
Par Le bateleur
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Publié dans : Le Grand Débat National sur l'Ecole
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