Dimanche 22 février 2009
7
22
/02
/2009
20:46
Le besoin de raison est plus fort que tout.
Gallilé disait (approximativement), "je peux leur mettre ma lunette
entre les mains, en regardant dans la direction de la lune, ils n'y verront que ce qu'ils croient déjà".
Pour ceux qui étudient les mécanismes de la perception cela s'appelle "le pari
perceptif*".
Contrairement à ce que l'on pense généralement, la perception ne va pas de l'objet vers les sens, pas plus d'ailleurs qu'elle ne s'effectue dans le sens inverse.
Nous atteignons ici un point de débat sous-estimé de la pensée de Platon (ou de
Socrate ?)
Il y a-t-il, par exemple dans le cas de la vision, un fluide qui va de l'objet vers
l'oeil, ou vient-il de l'oeil pour aller vers l'objet, ou encore, la perception ne nait-elle pas plutôt d'une rencontre entre deux "fluides" (à défaut d'autre mot) qui proviennent l'un
de l'oeil, et l'autre de l'objet perçu.
Cette troisième hypothèse fait de l'auteur un précurseur dans le domaine de la
théorie de l'information. Elle a beaucoup à nous dire en particulier à propos de l'illusion des maîtres explicateurs (ou de
leurs dégats lorsqu'ils forcent le passage dans la boite en calcium de la cible)
Elle peut en particulier expliquer, si on l'applique à l'actuel agitation désordonnée des journalistes à propos du président actuel de la république française, à cette recherche désespérée de la
part de ces commentateurs de la réalité en direction de cause, ou même d'une substance permanente qui permettrait de "cerner la personne" de repérer "des objectifs" ou même
"des valeurs".
Leur recherche et à commencer par leur perception de la réalité est faussée dès le départ. Il n'y a pas rencontre entre les deux fluides. L'objet de leur intention ne rencontre que leur prépensé
concernant la notion d'homme politique.
Ils sont ainsi tout simplement incapable d'aller à la rencontre du phénomène nouveau incarné par N-S et d'aboutir à des rapprochements pertinents.
Comme pour Gallilé, on pourrait leur mettre entre les mains de quoi s'approcher suffisamment près pour voir la physionomie réelle de celui qui les déroutent tant.
Peine perdue ! Ils continueraient à chercher des mobiles d'homme politique, des stratégies de chef, des objectifs correspondant à des valeurs.
Comment pourraient-ils accepter - leur travail de journaliste politique y survivrait-t-il d'ailleurs - la seule constatation qui s'impose, cette personne n'a pas de valeur et n'est animée que par
des pulsions d'ordre sans rapport avec celui des hommes politiques auxquels ils sont habitués.
Le seul rapprochement possible, celui avec le monde de la publicité où rien n'est réellement valeur, mais où tout n'est qu'outil au service de l'action recherchée (la pulsion d'achat) la
seule analogie réellement pertinente, tout en eux se refuse à la faire.
Ainsi, eux, comme ceux qui cherchent à retourner la tortue sur le dos, ou plus excatement à vacciner le corps contre cette maladie, se trouvent totalement désorientés.
Il n'y a rien de plus efficace pour lutter contre les valeurs, les systèmes, les croyances, ... ...., de l'autre, de n'en avoir aucune soi-même.
Si un lieu devient indéfendable, il suffit de le quitter, mieux même, de le brûler soi-même, frustrant l'adversaire de la victoire.
Chacun s'interroge, cherche les clés de tel ralliement (du côté de celui, en fin de vie, qui se ralie, la raison y parvient sans peine, de même que de celui du jeune aux dents longues qui
souhaite brûler les étapes) dans de fines stratégies, ou de nouvelles inclinations de pensée.
Il n'en est rien, comme l'eau ne "souhaite" que se répendre N-S n'a d'autres projets que celui ... qu'il donne naïvement lui-même.
Mon projet pour la France
innondations de Paris 1910
A mi-mandat ?
*
Perception et réalité Par André Delorme, Michelangelo Flückiger
Bombardements - pari perceptif
Par Le bateleur
-
Publié dans : garde-a-vue
2
-
Commentaires