Mardi 30 juin 2009
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L'épreuve de français a proposé aux candidats de travailler sur une oeuvre d'un récent
prix nobel de littérature, Jean Marie Le Clézio.
Le sujet est tiré d'un livre que l'auteur a plublié en 2000.
"L'enfant de sous le pont" (dont des élèves d'école primaire donnent un résumé ici
)
De l'émotion, depuis quelques temps, les dictionnaires disent, dès les premières lignes de article qu'ils consacrent à ce mot, des choses assez définitives comme
:
"
Les émotions prennent
leur source dans la région du cerveau , laquelle joue un rôle clé dans la régulation de nos émotions et la mémoire émotionnelle. "
Le sujet du brevet de français de cette année, pour sa part, n'en dit rien et se garde bien de questionner le candidat à propos d'un lieu si trouble, si peu ... scientifique.
(légère redite)
L'épreuve de français a proposé aux candidats de travailler sur une oeuvre d'un récent prix nobel de littérature, Jean Marie Le
Clézio.
Le sujet est tiré d'un livre que l'auteur a plublié en 2000.
"L'enfant de sous le pont" (dont des élèves d'école primaire donnent un résumé ici
)
Avant d'évoquer les "questions des grands" aux adolescents, concernant cette histoire, je vais laisser Julie, élève de sixième (s'il faut en croire la page web en question) en parler avec ses
propres mots. (cliquer ici)
Autant son impression personnelle que la phrase qu'elle retient du livre et plus encore, le genre dans lequel elle classe l'oeuvre, sont intéressants.
Ce qui domine dans ce roman de JM Le Clézio est l'émotion.
A lire la page donnée au brevet, c'est assez clair (pour accéder au sujet, c'est ici)
Pourtant, dans les questions posées aux candidats, on en cherchera vainement une qui évoque l'affect, ou le registre de l'émotion au sens large.
L'analyse que l'on demande aux candidats est étrangement éloignée de l'épreuve de français, et concerne plutôt la science.
Il n'est ici question que de rapports logiques
et l'on demande au candidat d'avoir les capacités d'abstractions permettant de
"manipuler" des phrases.
Compétences utiles, certes, mais sont elles les seules ?
Où est passée l'émotion ?
Ici encore, analyse froide, travaux de manipulation nécessitant la capacité
d'abstraire le sens.
Où est passée l'émotion ?
Dans la suite peut-être ... ?
Pas dans cette troisième partie. Ici on analyse encore les rapports logiques. Rien de
ce qui émeut dans le texte n'est évoqué, ni pour être localisé, ni pour être éventuellement approprié par le candidat (on ne pourrait transposer que ce qui est froid ?).
Mais où est passée l'émotion ?
Ne désespérons pas
il y a encore la réécriture ...
Pas plus dans ce travail, il n'est donné l'occasion à l'adolescent de montrer sa connaissance, compréhension, capacité d'utilisation, des mots du registre de l'émotion.
Le travail proposé est froid et ici également nécessite uniquement de la rigueur (ce qui est une bonne chose) et la capacité d'abstraire (ici ce qui se trouve de spécifique derrière le
prénom Ali)
Mais, peut-être que la rédaction ... ?
Si une fenêtre s'ouvre ici sur la possibilité d'une expression en rapport avec "le
coeur", elle est bien étroite !
Puisque ce que l'on demande à l'élève c'est de prendre le rôle d'un homme qui se doit d'être objectif et qui ne peut utiliser le registre de l'émotion que d'une façon largement consensuelle ...
comme peut le faire par exemple le Journal Télévisé, c'est à dire, au gros trait.
Nulle part dans cette épreuve de "Français" l'élève n'aura été sollicité dans une
des trois dimensions de l'être humain, celle qui est précisément si défaillante dans la société moderne.
Dommage !
Le pire étant qu'il ne s'agit même pas, on peut en être certain, d'un projet
délibéré ... ici c'est tout simplement le penchant naturel de l'éducation des enfants qui parle, à savoir cette omnipresence du projet scientifique, de l'objectivité, de la logique des capacités
de transposition et d'abstraction pure,
au détriment de tout ce qui est contextualisé, dense, non séparable de sa forme sous
peine de disparaître.
La numérisation des esprits est en bonne marche, l'émotion, lieu si difficile à
couper en unités élémentaires abstraites, dans l'épreuve du brevet des collèges 2009, l'émotion, il n'en est pas question.
Qu'en penserait, l'auteur de "ritournelle pour la faim" celui qui se décrit lui-même comme un écrivain indigné ?
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Par Le bateleur
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Publié dans : Numérisation de l'humanité
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