![]() Dans une France qui désespère,
certains,
souvent les plus démunis, jouent le peu qu'ils ont encore, misant là où, même si les gains sont plus qu'improbables, les promesses publicitaires sont les plus importantes ![]() l'Euromillion ou Nicolas Sarkozy |
Suite à une longue discussion ce soir, entre la poire, le fromage et la déroute du quinze de France en fond sonore, je continue à m'interroger à propos d'un point précis de cet échange.
Je profite du passage ici même d'esprit de nature aussi variée que peut-être l'eau d'une mer, sans perdre pour autant de son unité, et pose donc la question ici même.
Avez vous l'idée d'une (prise de) décision qui ne comporte aucune hésitation ?
(c'est à dire concevez vous possible l'un sans l'autre, avec éventuellement un exemple dans le cas où la réponse est affirmative )
Merci d'avance.
Je rappelle que l'esprit libre a beaucoup plus de choses à dire, rapportant comme le suggérait Joseph Jacotot, ce qu'il connaît dans un domaine, à ce qu'il ne connait pas (puisque tout est dans tout) que celui qui (comme je peux l'avoir ici) a le nez collé sur un problème. Aussi que ceux qui ignorent tout de l'IA n'aient aucune hésitance, ils sont les plus susceptibles d'apporter un élément intéressant (qui leur paraîtra peut-être du fait d'une grande familiarité pour eux, tout à fait banal ou futile) là où des spécialistes continueraient à tourner en rond ... avec des inventions de vocabulaires faisant illusion.
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La photographie est menteuse
elle ne montre à l'oeil que
ce qu'il a envie de voir
...
merveilleuse invention !
____________________
(Les scients)
Ils étaient si habiles
de la part mécanique
de l'esprit
que
même les êtres inanimés
dissimulaient leur nom
de peur que
ces créatures de raison pure
ne parviennent
contre toute évidence
à les persuader
de leur inexistence.
s'efforcer d'être humain
c'est
Passer de l'un
à l'autre
|
La technique est subtile tu es un politique et tu veux une majorité pour te porter au fauteuil de tes rêves ? ... chaque jour tu montre du doigt une catégorie minoritaire (nous le sommes tous) si possible avec des effectifs tout de même significatifs et à chaque fois tu as avec toi 70% des français qui tappent sur les autres et qui sont contents que tu t'occupes de leurs côtes et ce, chacun à son tour le pire c'est que ça marche
|

C'est toute la problématique du libre-arbitre et de la nature des choix humains :
1) Il y a la phase de la perception-saisie des données dans l'environnement global de celui qui va s'essayer à la prise de décision.
2) Il y a le traitement de ces données ( analyses, comparaisons, hypothèses et calculs divers - prospectives statistiques conjoncture conjectures...)
La phase que tu sembles évoquer.
3) Il y a les passages successifs dans les aires de la conscience (avec sans doute le poids sous jacent du non-conscient) et...
4) au final la prise de décision.
Ceci dit, des prises de décision qui ne comportent aucune hésitation, j'en connais, j'en ai vécu :
- celle de mon gamin de 3 ans (l'aîné) qui voulait vérifier que le hublot du poêle à fuel ne brûlait pas ; il a pris la décision de retirer sa main très vite dès qu'il a eu l'information...
- la mienne de griller un feu rouge plutôt que de rentrer dans une file de voitures arrêtées sur une surface boueuse (paramètres des données complexes pourtant mais je n'ai pas hésité 1/10ème de seconde.
Et tant d'autres exemples !...
Néanmoins, si tu appelles "hésitation" l'analyse des données de la situation (2), alors toute prise de décision comporte des "hésitations".
Si c'est dans le (3) c'est plus difficile de démêler le vrai du faux.
Dans le (4) c'est normalement sans effet de balance, mais chez certains pleutres, on ne peut pas savoir vraiment car la labilité de leur jugement est maximale ... à tout instant.
Mais c'est une question bien complexe que tu poses là. Des spécialistes - ou qui se disent tels - ont écrit des pages sur "l'aide à la décision" par exemple :
http://www.urfist.cict.fr/doc1.html
La Fontaine disait "Aide-toi et le ciel t'aidera." Je partage ce point de vue. Celui de la volonté et de la détermination.
Marrant mais dans les exemples que tu donnes je vois tout de même un brin d'hésitance
seule la goutte d'eau qui suit la ligne de la moindre pente n'hésite pas
et semble avoir plusieurs chemins alors même que pour elle
il n'en existe qu'un.
La décision suppose une mise en route
un processus de discontinuité
sinon il s'agit d'un enchainement mécanique
non ?
peut-on parler de décision instinctive?
mais, des décisions prises sans hésitation, nous en prenons aussi une infinité dans la vie quotidienne.
oar exemple, lorsque j'établis la liste des courses, si je n'ai plus de produit à vaisselle, j'écris sans hésitation "produit à vaisselle".
l'hésitation surviendra plus tard, au super marché, entre plusieurs flacons: lequel prendre, le moins cher, le plus écologique, celui dont le parfum est le moins désagréable?
si il y a choix, il peut y avoir hésitation, surtout si il s'agit d'un achat;
qui dit dépense, dit souvent hésitation.
Il en est de même pour les décisions d'ordre affectif : vais-je ou ne vais-je pas lui téléphoner, si oui, quand? maintenant? plus tard?
a moins d'être en parfaite harmonie avec les sentiments de l'autre (ou de s'en foutre éperdument), il y a hésitation.
plus les décisions d'ordre moral, professionnel etc
bon, je ne suis pas sûre d'avoir fait avancer le débat!
oh que si
et de la manière que je souhaitais
c'est à dire en partant du réel
et là ... j'hésite
ma tendance naturelle serait de tenter de mettre un moment de latence (et donc d'hésitation) en amont quelque part
par exemple au moment où quelque chose fait que tu décides de noter tes courses
le bon sens me dit d'attendre un peu et de méditer
le retour de Jean-Pierre
et tes exemples
...
ce n'est pas pour me vanter, mais....
autre exemple:
en cas de besoin physique pressant, je n'hésite pas
je ne me dis pas " Vais-je ou ne vais-je pas déposer mon obole dans la cuvette des toilettes?"
" ne serait-il préférable d'attendre, afin d'avoir encore plus envie?
Non, j'y vais.
même démonstration, si je me blesse et que je saigne, je n'hésite pas à me soigner.
ou si je pratique une activité qui provoque une douleur.
je ferai une exception pour le sommeil il m'arrive d'y résister.
un peu trivial mon com!
Non pas trivial
je m'aperçois que la question de la décision appel
et c'est en liaison avec ce que dit Jean-Pierre
plusieurs plans tout comme la pensée
le niveau juste au dessus de l'action réflexe : un acte que l'on fait par réaction de la peau (la blessure que je porte à ma bouche)
le niveau des sentiment : si je pique une colère
le niveau réfléchi : les quelques moments de la journée où cela m'arrive (sourire)
J'ai tout de même l'impression que dans chacune
(si on excepte l'acte réflexe où tout en nous est court-circuité)
il y a tout de même un moment d'orientation vers l'action qui a un rapport avec la prise de décision.
Merci du retour
je me disais qu'il n'y a pas de liberté de choix possible
sans cette forme de liberté qu'est la liberté égarée dans l'erreur
en d'autres termes
la liberté de se tromper vérifie la liberté.
....
Choisir c'est d'abord se demander " quelles conséquences pour les autres ?"
C'est forcément hésiter, ne serait ce que le temps de réunir les diférents éléments necessaire à la prise de décision.
La machine n'hésite pas, elle exécute
là où l'être humain a souci de ne pas nuire.
Parlant de mon expérience d'accompagnante, il peut arriver que l'on soit confronté dans l'accompagnement d'une vie qui se termine à l'angoisse que génère en nous la vision des souffrances qu'elle semble traverser. Et d'envisager de les abréger.
Ce sont des actes qui sont tellement lourds de conséquences sur le futur ... y compris de ceux qui restent et puis, nous ne savons pas ce que son trajet d'agonie apporte à l'être humain, nous ne le savons toujours pas,
que l'hésitation se transmue toujours ( je parle des services où j'ai accompagné) en décision d'apaiser les douleurs physiques et accompagner le mieux possible le chemin terminal sur le plan psychologique.
L'hésitation nait ici de notre ignorance de ce qui sera un jour notre propre trajet.
une machine qui analyserait les seules données biologiques " déciderait " dans ces moments là, sans l'ombre d'une hésitation de la dose léthale à administrer.
...
Echo poétique qui te dira mes hésitations (sourire)
Hésitation
petits pas de côté
franchir le gué
qui sait
qui sait ce qui attend
la belle aux yeux farouches
ou la bête couchée
inquiétante et joyeuse
O singulier choisir
comment donc pourrions nous laisser une souillure au clair ruisseau
d'avril
et pourquoi détourner l'inventive caresse
de l'eau sur les galets
pourquoi lui faire dire
si tôt si vite
ce qu'elle ne voulait pas
Ici
c'est le bord du monde
il ne manque que l'envie
de sauter
Sauter de joie oui
le reste non (sourire)
merci pour ce retour Viviane
tu y abordes les lieux mêmes où la décision enserre la tête d'une pince cruelle.
Daccord pour ta perception de la différence avec la machine
je ne crois pas aux théories de l'émergence de l'esprit
à partir d'une certaine quantité de calculs à la seconde
il n'y a pas de décision sans alternative même shuntées.
Pas de confusion, lorsque je parle de tentation d'abréger les souffrances d'un malade, il faut savoir que tout médecin connait les traitements qui, administrés dans un souci de "soigner" ou à tout le moins apaiser provoquent une dépression respiratoire rapide et abrègent ainsi la vie des patients... on en a sans doute beaucoup usé hélas par le passé et dans une dynamique intentionnelle très charitable .
Depuis quelques années on sait mieux accompagner les souffrances physiques et morales des malades en fin de vie et lorsque décision est prise de "laisser faire la vie" , c'est après longue réflexion en équipe
il ne s'agit pas alors de piquer, comme le croient les personnes mais de veiller à un confort maximum tout en supprimant tout ce qui maintenait en survie artificielle .
Ceci pour dire que le temps d'hésitance que se donnent ces équipes (quelle posologie de tel antalgique, quelle posologie d'anxiolytique etc) est un temps d'humanité.
L'hésitation est ce temps d'humanité où je mets de côté les réflexes et l'instinct pour envisager le devenir de l'autre ( ou le mien) au décours de la décision que je m'apprête à prendre.
ceci dit, il y a dans notre vie des actes qui sont fait sans réfléchir et qui sont salvateurs, de quoi relèvent-ils, étant donné la vitesse à laquelle ils sont programmés puis mis en acte?
De la décision ou de l'instinct?
Il y a une semaine Michel a manqué se faire "dévorer" par un gros chien alors qu'il faisait son footing; il doit d'en être sorti indemne au fait que, instinctivement, il a rugi et fichu une taloche mémorable à la bête.
S'il avait hésité, c'était machine contre reflexion et là... il n'était pas gagnant...
Oui mille fois d'accord avec toi
l'hésitation se produit dans les grandes synthèses de notre humanité personnelle.
Sinon
nous avons effectivement des shémas développé en nous
bravo à Michel pour celui dont il a usé (sourire)²
C'est un sujet si important et si vaste que l'on ne peut en rester dans le comment taire. Je vais essayer de m'y atteler, comme Viviane l'a fait dans le cas de "certaine prise de décision terrible" qui tourmente mon esprit depuis plusieurs années.
Je dis de quoi il s'agit pour être plus clair : la personne qui a remplacé ma mère - en tant qu'image maternelle indispensable - (la soeur qui la suivait dans la fratrie) est atteinte depuis longtemps déjà de la maladie d'alzheimer. Je vous laisse deviner mes états d'âme à cet égard...
Si j'étais le seul à prendre une décision, je sais laquelle j'aurais pris, mais il y a la société et la pression sociale...
mais je sais aussi que j'aprécierai ta contribution sur ce thème
et là aussi je suis
en pleine plaine du doute et d'hésitation.