Les deux personnages qui causent
pourraient être les deux employés du chemin de fer(
en quasi pré-retraite sur une ligne quasi désaffectée)
du grand roman d'André Dhotel
celui qu'il a écrit toute sa vie sous un tas de titres différents
Marcel rencontre Barnabé qui sort du bureau de
vote.
- Tu vas encore perdre ton temps avec ces bouts de
papiers ?
- Un peu de respect Marcel, la république et la
démocratie méritent un peu de respect.
Comment crois-tu pouvoir faire avancer les choses, améliorer, réformer ?
- La belle histoire !
Ils parlent tous de refaire le monde
en fait ils en ravalent juste les façades
après toi et moi on les avale leur façades
et c'est nous qu'on est r'fait !
- Marcel, tu regardes pas assez ta télé
!
- ...(!)
- Je te plaisante !
Si tout le monde était comme toi, ils auraient un peu plus de fil à retordre, ces araignées d'eaux.
- Pour sur !
On les obligerait à mouiller bien plus que le bout de leurs pattes...
qu'est-ce que t'en penses Barnabé ?
- Tu sais, avec la TNT, il y au moins une dizaine de chaines supplémentaires à disposition de
l'honnête citoyen, pour l'aider à s'informer, se distraire se cultiver
alors ...
- Ca te dirait d'aller s'en j'ter un pt'it chez le dédé
- On ne va plus au "bon coin" ?
- Tu rigoles, il vient de coller un grand écran juste en face de not' table. Moi ça me déprime ces visages tout écrasés.
- Bah ! Au bout d'un moment, on ne s'en rend même plus compte ? Le monde entier regarde sur des "home vidéo" des visages écrasés.
- Ben tu vois Barnabé, c'est ce qui m'effraye le plus, que je puisse un jour regarder des monstres sans être géné.
Par Le bateleur
-
Publié dans : Marcel et Barnabé
1
Les deux personnages qui causent
pourraient être les deux employés du chemin de fer(
en quasi pré-retraite sur une ligne quasi désaffectée)
du grand roman d'André Dhotel
celui qu'il a écrit toute sa vie sous un tas de titres différents
Marcel vient de descendre du train, Barnabé est venu l'accueillir à la porte du compartiment, tandis que
Germaine, femme du premier, est restée à une centaine de mètres de là, en bout de quai.
- Et bien mon vieux Marcel, ça me fait rudement plaisir de te revoir
- A moi aussi Barnabé, à moi aussi. 15jours loin de tout
- Tu veux dire "loin de chez toi" ?
- C'est du pareil au même. Heureusement que le train était à
l'heure, je n'aurais pas supporté ce pays là une seconde de plus.
- Deux cent kilomètres ce n'est tout de même pas le bout du monde. Les gens de là-bas étaient donc si différents de ceux de
chez nous?
- Tu n'peux pas imaginer
!
- Tu exagères, comme toujours. Laisse moi
plutôt t'aider un peu, tu m'as l'air bien empêtré avec tous tes bagages. Passe moi donc ton gros sac avec les livres que je t'ai prêtés
- C'est pas d'refus, il pèse une tonne. Pis sacrément encombrant avec ça.
Mais dans c'pays d'sauvages j'étais bien content d'les avoir avec moi. C'est vraiment chic de ta part de m'les avoir proposés.
Pour sûr, une bonne surprise que tu m'as faite là, juste au moment des adieux sur le quai du départ
- Tu dis cela Marcel, pourtant, tu n'en as pas lu la moindre ligne
- Euh! Qu'est-ce qui te fais dire cela?
- Le sac fait exactement le même poids qu'à l'aller
- ... tu sais bien qu'moi et la lecture...
j'préfère la causette.
Mais j't'assure, j'étais tout de même bien content d'les avoir avec moi. C'est un peu comme si j'avais eu
une caisse de bière et que j'n'y aurais pas touché. Rien que de savoir que c'est là, à portée de main, ça désaltère.
Ceci dit, y
a un truc qui me démange la cervelle
- Dis
voir!
- A la voir comme ça au bout du quai, je
m'demande si elle a pas un peu maigri ma Germaine ?
Pendant mon absence, quelqu'un y aurait-t-y pas fait la lecture ?
Par Luc Comeau-Montasse
-
Publié dans : Marcel et Barnabé
0
Les deux personnages qui causent
pourraient être les deux employés du chemin de fer(en quasi pré-retraite sur une ligne quasi désaffectée)
du grand roman d'André Dhotel celui qu'il a écrit toute sa vie sous un tas de titres différents.
- Maintenant, je sais !
- Ben tu sais quoi Barnabé ?
- Quelle est la vache du Paul qui m'a brouté mon chapeau de paille.
- Celui que t'avais commandé avec le catalogue de "l'homme modèle"
- Oui, un vrai panama de Panama en paille tressée et qui résiste à la pluie.
Je l'avais posé sur un piquet du prés pour m'essuyer le front. Un moment d'inattention ... je n'ai récupéré que le bandeau.
- Alors comme ça, t'as trouvé qui a fait le coup ?
- Affirmatif.
- Qu'est-ce qui te fait dire cela ?
- C'est tout simple, écoute plutôt.
Tout à l'heure, alors que nous faisions ensemble la promenade d'après la sieste, nous avons longé le prés du Paul, tu te souviens ?
- Oui, et alors ?
- Tu n'as pas remarqué, mais moi je les ai bien observées.
- dis voir ...
- Toutes les vaches se sont arrêtées d'arracher de l'herbe et ont levé la tête pour nous regarder passer.
- Normal, non ?
- Toutes, sauf une.
- A bon ?
- La Roussette, qui a continuée comme si nous n'existions pas.
- Futé le Barnabé !
(les traits de Marcel se figent)... excuse moi ... mais il faut que je m'rentre. Je pense à un truc.
- Dis voir !
- Quand j'suis passé par la cuisine pour sortir de la maison, la Germaine, elle écossait des petits pois.
- ... ?
- D'habitude elle me Jette toujours un "Où tu vas donc traîner encore ?"
- Et alors
- Cette fois là, elle non plus n'a pas levé la tête.
Je m'demande quel chapeau elle a bien pu me brouter ?
Par Luc Comeau-Montasse
-
Publié dans : Marcel et Barnabé
0
Les deux personnages qui causent
pourraient être les deux employés du chemin de fer(en quasi pré-retraite sur une ligne quasi désaffectée) du grand roman d'André Dhotel celui qu'il a écrit toute sa vie sous un tas de titres différents.
- Tu sais Marcel, je crois bien que nos vieilles baraques de village - trois pièces autour de la cuisine accolées à une grange à bestiaux - vont bientôt s'arracher comme des baguettes parisiennes à la sortie de la messe.
- Ah bon ?!
- Oui. Figure toi qu'on est de plus en plus dans la banlieue de Metz.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Tu n'as qu'à regarder dans les fossés, tiens, celui là par exemple !
Juste devant le pré à chevaux du père Bourgeois.
Vois toi même ça dépasse de la neige.
On trouve de plus en plus de paquets de cigarettes et de canettes vides, parfois même des cadavres de bouteilles de wisky... Tiens là !
- Tu dois avoir raison ! Et ben, ça, pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle !!
Si on allait s'en jeter une chez le père François ?
- Tu sais bien qu'il a fermé y a plus de vingt ans !
- ... Ouais ... "grrr !" (en sourdine)
... en tous les cas, moi, j'vendrai pas ! ! !
Par Luc Comeau-Montasse
-
Publié dans : Marcel et Barnabé
0
Commentaires