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Du fagot des Nombreux

Samedi 25 février 2006


Pas vraiment facile à trouver,
(certainement pas à la FNAC peut-être avec un peu de chance chez un libraire ancien)
j'ai mis plus de vingt ans à me procurer l'exemplaire que j'ai actuellement (merci Dominique) après l'avoir perdu une première fois dans un déménagement hazardeux (mes effets personnels se sont retrouvés à la poubelle sur le trottoir ... je ne l'ai appris que quelques mois plus tard)
ce livre est à déguster par petites lampées (comme une vieille mirabelle de Lorraine)

Il est orné de très nombreuses phtographies
dont je ne donne aucun exemple ici pour ne pas nuire à la recherche (sourire)


Je ne donnerai ni son titre ni son auteur
vous laissant le soin de les deviner
(quelqu'un qui passe de temps à autres par ici devrait bondir dès les premières lignes, puisqu'il en est - quasiment - l'auteur )

La plus forte impression de notre prime jeunesse, - nous avions sept ans, - celle dont nous gardons encore un souvenir vivace, fut l’émotion que provoqua, en notre âme d’enfant, la vue d’une cathédrale gothique. Nous en fûmes, sur-le-champ, transporté, extasié, frappé d’admiration, incapable de nous arracher à l’attrait du merveilleux, à la magie du splendide, de l’immense, du vertigineux que dégageait cette oeuvre plus divine qu’humaine.
Depuis, la vision s’est transformée, mais l’impression demeure.
Et si l’accoutumance a modifié le caractère primesautier et pathétique du premier contact, nous n’avons jamais pu nous défendre d’une sorte de ravissement devant ces beaux livres d’images dressés sur nos parvis, et qui développent jusqu’au ciel leurs feuillets de pierre sculptés.


Cette émotion j'avoue que je l'ai mainte fois partagée pour des raisons variées
qui tiennent autant
à la disparition de mes propres dimensions face aux géants de pierre
qu'à la myriade de symboles qui agrippent chacun à tout de rôle un petit bout de notre esprit
pour peu que nous laissionsnotre âme aller à la rencontre de la surface rugueuse et pleine et des milliers d'êtres qui la peuplent

 


Cathédrale de Metz ... là où rarement le regard s'arrête et ce, bien à tort
car il y rencontrerait des amis tout aussi paiens que lui.

Par Luc Comeau-Montasse - Publié dans : Premières lignes - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 11 février 2006


Un peu décalé par le tourbillon des évènements,
je n'ai pas le temps de détailler comme je le souhaiterais ce petit retour à propos de

 De quel roman est-ce début ? - 04

 

Je rappelle les premères lignes du roman :

 

« L’amour est un acte sans importance, puisqu’on peut le faire indéfiniment. »
Tous tournèrent les yeux vers celui qui venait d’émettre une telle absurdité.
Les hôtes d’André Marcueil, au château de Lurance, en étaient arrivés, ce soir-là, à une conversation sur l’amour, ce sujet paraissant, d’un accord unanime, le mieux choisi, d’autant qu’il y avait des dames, et le plus propre à éviter, même en ce septembre mil neuf cent vingt, de pénibles discussions sur l’Affaire.

 

 

 La fausse piste était le vantard qui aurait un peu exagéré ses compétences et énergies dans le domaine de la chose amoureuse (sercropire aurait dit Rabelais)

Il s'agit en fait d'une critique de la mécanique amoureuse
critique dont chacun pourra mesurer lui (elle)-même la causticité
puisque le petit ouvrage est téléchargeable dans son intégralité
ici même (Le surmâle)

Alfred Jarry (l'auteur d' "Ubu roi")
donne ici une charge contre la systématisation qu'il sentait menacer les temps à venir. Il axe cette critique l'acte sexuel (un des personnages est une mécanique parfaite - de ce côté là - et la déclaration de début n'est donc que la - triste - réalité.
Bien avant Asimov on peut voir ici une annonce d'un siècle de robot
...
où nous ne sommes pas encore immergés
pour quelques temps.

 Bonne lecture
et bravo à Jean-Pierre qui a clairement faire preuve de sa découverte du titre et de l'auteur, tout en - quel tact ! - conservant la possibilité à d'autres de chercher ... et trouver à leur tour.

 

(pour une description du livre : ici
Par Luc Comeau-Montasse - Publié dans : Premières lignes - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 6 février 2006

(Ici j'engage à deviner à qui appartiennent ces lignes, et éventuellement de quel oeuvre elles sont extraites)

Je dois préciser que pour celui qui ne souhaite pas trop chercher, un moteur de recherche donnera assez facilement la solution.

Pour cette énigme les impatient(e)s n'auront donc pas besoin de moi (sourire)
 

« L’amour est un acte sans importance, puisqu’on peut le faire indéfiniment. »
Tous tournèrent les yeux vers celui qui venait d’émettre une telle absurdité.
Les hôtes d’André Marcueil, au château de Lurance, en étaient arrivés, ce soir-là, à une conversation sur l’amour, ce sujet paraissant, d’un accord unanime, le mieux choisi, d’autant qu’il y avait des dames, et le plus propre à éviter, même en ce septembre mil neuf cent vingt, de pénibles discussions sur l’Affaire.


Effectivement, à y regarder rapidement, la déclaration qui introduit le texte paraît pour le moins décalée
...
et pourtant !

Pour ce qui est de l'auteur, le style aura déjà donné quelques pistes du point de vue du temps bocal où il s'est inséré.
J'ajouterai simplement - peut-être imprudement - qu'il occupe une place tout à fait particulière au sein de la littérature française.

Un petit passage supplémentaire - une fois n'est pas coutume - donnera une petite idée du ton et de la couleur de cette oeuvre, absolument conforme aux autres productions de cet homme de l'être, agi par un diable intérieur.

J'avais perdu de vue la locomotive et ses deux wagons, le temps d'apprendre à vivre au mort ; quand il put se tirer d'affaire tout seul, je vis l'arrière du dernier wagon grossir comme si c'eut été lui qui fût venu prendre de nos nouvelles. Hallucination sans doute, reflet déformé de la quintuplette dans l'acajou du grand sleeping plus timide qu'une glace, un aspect d'être humain bossu - bossu ou chargé d'un fardeau énorme - pédalait derrière le train. Ses jambes se mouvaient exactement à la vitesse des nôtres.

Agi sans aucun doute !

Par Luc Comeau-Montasse - Publié dans : Premières lignes - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Dimanche 5 février 2006

La réponse a fusée, Jean-Pierre a hésité un quart de seconde et a proposé l'auteur de "l'Echelle des Anges" qui m'est si souvent début de chemin pour les décourcis de ma pensée.

Les amateurs de Bandes dessinées, de Tarot (il a rédigé la meilleure - trop peut-être, elle a vite été retirée - notice du tarot de marseille des éditions Grimaud) de théatre (théatre de marionnettes, théatre panique ...) et de beaucoup d'autres formes d'expression artistique, dont certaines n'ont même pas encore de nom
(le merveilleux, le paradis, est dans la pré-histoire)
tous ceux-là ont rencontré un jour, sous diverses formes Alexandro (Alejandro) Jodorowsky.

Il est aussi le romancier qui a écrit "L'Enfant du Jeudi noir"
(traduit de l'Espagnol (Chilien) par Caroline Lepage)
où le merveilleux le dispute au baroque, sur un paysage de dictature et de misère sociale autant que de fête et d'héroïsme.

Un livre qui parvient à être drôle, malgré (ou grâce à) tout et dont je vous souhaite la rencontre "tout-à-coup" comme dit Zoltar le bien nommé.

Léger, il se dirigea vers la Gare Mapocho presque en dansant, pour prendre le train qui l'emmènerait embarquer au port.

Entre l'Avenue Matta et San Diego, il apercut de l'agitation autour d'un camion en chargement. Il s'approcha, écarta aimablement les badauds et parvint à se placer au premier rang.
L'une des énormes roues du véhicule écrasait la tête d'un homme ! Le poids avait été tel que le cerveau entier avait jailli du crâne complètement ouvert et été projeté à un mètre de distance. Il gisait là, sur le pavé sale, comme un vulnérable mollusque rosé. Près du cadavre, une femme à genoux, agrippée par six enfants pâles, regardait avec des yeux fous la foule morbide.

- Lui travaillait, et moi je m'occupais des enfants ... Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? On se retrouve sans rien ... Aidez-moi, s'il vous plaît !

Les spectateurs ne remuèrent pas le petit doigt ; ils restèrent plantés là, le regard fixé sur le sang. A présent qu'il pouvait remuer légèrement la première phalange des pouces, Jaime sortit son petit porte-monnaie, le déposa aux pieds de la femme et s'en alla sans regarder en arrière.
Il revint à la menuiserie, décidé à travailler encore six-mois. Il eut peur que don José ne le repousse, mais celui-ci lui dit :

- "Tu ne mépriseras pas le coeur contrit et humilié". Psaume 51-17.

Et il lui rattacha le papier de verre. Reconnaissant, Jaime polit les planches de mieux en mieux. Le bois devenait si brillant entre ses mains que les objets s'y reflétaient. Chaque soir avant de dormir, le vieux lui lisait une page de la Bible avec une intense émotion. Jaime parvint à nouveau à réunir le prix du billet.

Ce passage met en évidence la densité du roman.

En moins d'une page, une histoire complête est racontée et contrairement au cinéma faussement intelligent qui pratique le montage serré pour donner au spectateur l'illusion qu'il pense (alors qu'il peine simplement dans son oeuvre de collage)
Alexandro raconte et donne tout, le sens quant à lui s'inscrivant dans une dimension supplémentaire, en grande partie dépendante du lecteur.

Par Luc Comeau-Montasse - Publié dans : Premières lignes - Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires

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amour libre

Si le douzième pied

                  se sent l'âme virile
Peu me chaut qu'il marie
                  en croisant cette chair
Un sexe que d'aucun
                 jugeront incivil
au prétexte d'un souffle
                 au bout de sa bannière

La photographie est menteuse
elle ne montre à l'oeil que
ce qu'il a envie de voir
...
merveilleuse invention !

____________________

(Les scients)

Ils étaient si habiles
de la part mécanique
de l'esprit
que

même les êtres inanimés
dissimulaient leur nom

de peur que
ces créatures de raison pure 
ne parviennent

contre toute évidence

à les persuader

de leur inexistence.










s'efforcer d'être humain

c'est

  Passer de l'un

  à l'autre

 

 

 


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La technique est subtile
tu es un politique
et tu veux une majorité
pour te porter
au fauteuil de tes rêves ?

...
chaque jour tu montre du doigt
une catégorie minoritaire
(nous le sommes tous)
si possible avec des effectifs
tout de même significatifs

et à chaque fois
tu as avec toi

70% des français
qui tappent sur les autres
et qui sont contents
que tu t'occupes de leurs
côtes


et ce,
chacun à son tour


le pire
c'est que ça marche




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