Au hasard d'un Samedi fatigué,
où, venu à Metz avec ma douce, pour rencontrer quelqu'un que comme David Vincent, jamais je ne trouvai (enfin presque)
je me suis réfugié pour causer en silence avec le Centaure qui tient un coin de mon âme, au fond du café Mathis (en bas de la Jurue, rue des Juifs, qui vit le passage de Verlaine et de
Rabelais).
Metz est petite
à la table derrière moi je reconnaissais (en fait c'est elle qui m'a réveillé d'un "mais c'est Luc") la fille d'un copain,
celui-là même auquel je dois l'aventure (quasi miraculeuse*) qui m'a conduit à travers la rénovation d'une vieille maison Lorraine.
Un autre éclat de voix me fait me retourner pour reconnaître le grand blond gris aux yeux bleu d'acier et à la blessure si souriante et généreuse.
C'était René, la voix profonde et douce qui s'entretenait avec les filles de la table de derrière.
Cette fois là, nous n'avons échangé que quelques mots.
Je ne lui en veux pas du tout d'avoir préféré la conversation de trois jeunettes pimpantes à celles d'un quinquadégénéré (pour l'heure) et pas très
enjoué.
Douce m'ayant rejoint après un tour très sage (trop) des vitrines de Metz, nous sortions du café quand, passant près de René discutant au bar avec des amis, je lui
demande tout de même
"Alors ton livre ... il devrait sortir ces temps-ci, non ?"
et René d'acquisser en arrondissant les lèvres,
"oui, ces jours-ci"
je lui évoque alors l'article que j'ai fait il y a quelques temps suite à la page du Républicain Lorrain évoquant son OVNI littéraire.
"A oui, ton article ! " me répond René
"sur ton blog" ... "garde à vue, c'est ça !?" ... "t'as un peu arrangé le répu
!" dit-il en souriant.
J'étais comme deux ronds de flancs d'un wagon restaurant ...secoué et tout mou.
Lui rigolait, mais très doucement.
...
Je lui ai demandé si je pouvais faire une photographie
moitié parce que cela me faisait vraiment plaisir de prendre un cliché de celui qui sait si bien capturer la clarté (en lumière
d'eau sur ses photos )
moitié parce que j'était un peu géné de cet article dont je ne me rappelais plus tout le contenu**.
Alors je suis sorti, et avant de lui jeter un salut de la main, j'ai cliqué à deux reprises vers René.
(
pour agrandir la photo -
chargement long - cliquer sur René)
Sait-il seulement qu'il est la réplique en chair et en vérité, décliné sur un autre tempo, d'un héro d'André Dhotel ("l'homme de la scierie") ?
Assurément, son livre à lui, j'ai hate de l'avoir entre les mains.
* Parfois je rève encore qu'on ne s'en est pas sorti et qu'on dort toujours avec les enfants dans la caravane où nous étions, devant la porte du jardin, en
attendant que les dalles sèchent.
** née Taesch ... le portrait du dimanche du républicain lorrain
*** Une facétie de René cliquer
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