Il y a autant de défaites différentes que d'hommes
mieux encore, en fouillant les regards tu pourras même apercevoir
des clartés qui n'ont rien à voir avec la rédition
(on oublie souvent que) La plus grande partie des soldats d'une armée
n'a jamais tué personne
Tenter de percevoir l'existence de tous ces regards
et la réalité des vies qui les soutiennent
c'est risquer le vertige et au-delà la perte de conscience de soi même ainsi que l'évaporation de son esprit au-dehors.
L'adulte est précisément celui qui est parvenu à abstraire une partie du contenu en provenance de ses sens de manière à ne pas risquer pareille aventure.
D'où l'importance capitale en ce monde, de l'enseignement des mathématiques.
Photographie extraite de SIECLE
"Cent ans de progrès, de régression, de souffrance et d'espérance humains". (p 467)
Conçu et édité par Bruce Bernard
Par Luc Comeau-Montasse
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Publié dans : Photographies de guerre
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Il y a peu ils étaient
les autres

Si peu de différence entre ces hommes en rangées de 5 qui marchent vers un camp de prisonnier, peut-être pire, et ceux, les mêmes, qui partaient au combat il y a peu.
Le fusil et lasymétrie du corps qui en résultait donnait alors un sens au mouvement, à la progression de tous, mais plus encore le ceinturon, exactement à la mi-corps qui soulignait, impeccablement horizontal, la fière verticalité du guerrier en chemin.
Ceux-là nont plus de ceinture, plus de boucle au centre du corps, plus de nombril.
Si peu de différence, mais certaines dimportances : sur certaines bouches, peu nombreuses il est vrai, dans la foule des prisonniers allemands, on discerne presque un sourire.
Sur dautres se devine un réel soulagement ...
« Tu ne tueras plus, et peut-être, tu vivras »
Par Comeau-Montasse
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La mère n'a plus parfois
que la matière de son corps
à offrir au destin

Autour delle tout nest plus que poussière, cendres chaudes, pierres ou poutres à demi calcinées.
La rumeur des monstres de métal qui ont transformé ce petit morceau de ville en ruine, plane encore au dessus de sa victoire, au dessus des ruines.
On ne saura pas avant quelques minutes
lorsque le silence aura recouvert le chaos
si la mère est encore vivante
si son geste instinctif pour jeter au sol lenfant et le recouvrir de son propre corps lui aura coûté la vie
ou aura servi au moins à protéger cette boule de chair lovée entre la terre et son sein.
Ses pieds nus ressemblent aux mains
nouées autour du coup de son petit
comme les rues les trottoirs les murs mis à bas
se ressemblent
se confondent
Ceux qui ont fait cela sont restés bien trop loin pour apercevoir ces chairs terreuses.
Un spectacle identique les attend peut-être
de retour chez eux.
Par Comeau-Montasse
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