Dimanche 13 avril 2008
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Nous disparaissons.
Les mondes qui se dessinent devant nous aujourd'hui sont si étonnants, si singuliers, si prodigieux que la structure même de ce que nous
sommes se voit remise en question.
Marbrées de technologies, de niveaux infinis de réels, de lectures inhumaines* et magnifiques sur l'univers, ces nouvelles sphères du réel
nous obligent à réfléchir sur ce que veut dire être humain.
Cette réflexion est le défit le plus fondamental de notre époque ; le bouleversement du vivant, de l'intelligence et du conscient étant au
coeur des questions, débats et violences qui secouent le monde contemporain.
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(c'est moi qui souligne ces termes appartenant à la fois au registre du spectacle et du Journal
Télévisé.)
C'est par ces mots qu'Olliviers Dyens introduit le propos, par ces mots que l'auteur montre à quel point ce qu'il évoque : cette remise en question (de l'humain),
ces nouveaux infinis de réels, de lectures sur l'univers, ce bouleversement du vivant ... tous ces changements qui le troublent dans son humanité,
ne concernent en fait que les êtres qui ne connaissent de l'univers en général, et de l'humain en particulier, que la dernière couche de peinture déposée sur ces concepts, celle que la modernité
et la (pré-)post-modernité ont posée, comme un vernis sur une statue, sur ce patrimoine dont ils ont hérité sans passation de sens. Cette même modernité ayant refusé de prendre en compte les
fruits des traditions passées qu'elle qualifie de passéistes
C'est cette couche qui s'écaille, au grand étonnement/désespoir des sur-humains de la sur-modernité.
Pour l'homme resté modeste, ce monde n'est pas devenu plus étrange mais seulement plus rempli de discours. Tout comme l'art qui caractérise
notre époque, il est plus bavard qu'impressionnant, plus grandiloquent que consistant.
Pour l'homme qui est resté au contact de la terre (CF : Antée) et, avec lucidité, de la culture héritée des hommes qui l'ont précédé, le monde n'est pas plus mystérieux car il l'a toujours été,
il n'est pas plus riche ou complexe, les sens de l'homme modeste, qu'il n'a pas censuré en leur plaquant des filtres sur la bouche, n'ont cessé de lui montrer la singularité, le merveilleux, le
prodigieux le magnifique, l'infini, et lui, n'a cessé d'en être bouleversé.
Ici comme souvent, celui qui ne pensait plus qu'à travers la grille de ses modèles avérés, redécouvre ce que l'homme de bon sens, marchant les yeux grands ouverts, sans prothèse pour soi-disant
en amplifier les signaux reçus, voyait.
Cette dent ci était en or ... il suffisait de la gratter.*
Le début de l'ouvrage laisse percevoir la raison pour laquelle toute une catégorie d'humain se prépare à faire alliance - pour autant que pareille chose soit possible** - avec la machine, contre
la nature. (Voir même à fuir le lieu de sa naissance : la Terre)
Cette raison : la trouille.
Contrairement à l'homme honnête, la science avait bien trop simplifié le réel.
Ce réel s'avère tout à coup dépasser, et de loin les capacités d'imagination (actuelles) de ceux qui ne s'autorisent que la raison calculante.
Et ce alors même que cette démesure n'est perçue par les pré-nommés, que dans l'écho que leur renvoient des objets qu'ils avaient fabriqués pour simuler*** la vie.
Dès lors, le sentiment qui domine est la trouille.
Et le projet de l'homme post-moderne devient alors de se réfugier derrière une carapace isolante ces prothèses censées mettre à distance, le réel et cette composante essentielle de la vie
qu'est ... la mort.
Un projet qui n'aurait peut-être que peu de soutien s'il ne donnait lieu à l'ouverture d'un formidable marché, celui de ces prothèses, et de tous ceux qui en démontrent l'utilité, ou en
développent le mode d'emploi, jusqu'à rendre nécessaire la génération suivante de carapaces bardées d'électronique.
Tout sauf un projet de vie.
(...)
Il s'agit ici visiblement de faire écho au titre et d'introduire dans la tête du lecteur ce mot détourné, à la manière dont certains ont transformé (
NORMES de production)
celui de "
Qualité"
Chaque membre de cette confrérie des nouveaux barbares -
ceux qui entendent raser le passé au point qu'il ne repousse jamais - a son terme de prédilection pour surenchérir sur une réalité
qu'il désire faire monter aux cieux. A Attali l'hyper, à d'autre le sur-. O.D. use de toutes avec et innove avec son in-(humain) qui ne serait pas privatif)
* Fontenelle
** Il faudrait parler ici de Sunnécrose ... le terme symbiose étant tout à fait hors de propos s'agissant de la matière morte faite d'acier et de circulation d'électrons.
*** Avec souvent la prétention d'améliorer.
Par Le bateleur
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Publié dans : Numérisation de l'humanité
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